Je fais maintenant partie de la génération passée, de celle qui raconte des histoires d’avant les cellulaires connectés. Et je me questionne sur ce que je vais transmettre.
Les valeurs ne changent pas vraiment mais évoluent beaucoup et constamment. Prenons par exemple la famille. La famille est et sera toujours parmi les premières réponses associées au bonheur. C’est notre ancrage, et bien souvent c’est à elle qu’on pense lorsque quelque chose d’important advient, comme une graduation, une naissance ou même des catastrophes.
Moi j’ai grandi dans les années 90, en pensant que les grandes guerres appartenaient au passé et que je marchais vers un monde d’entraide et d’ouverture envers les autres. Avec, en trame de fond, les reportages télévisés sur des contrées inconnues que je regardais avec des yeux grands ouverts. Jeune adulte, j’ai manifesté dans les rues, signé des pétitions pour changer des lois et voté fièrement à chaque élection.
Aujourd’hui, je manifeste peu et j’ai des difficultés à m’engager pour un combat comme j’ai pu le faire. C’est vrai que je me sens un peu désabusée. Mais quand je vois la jeune génération prendre le relais, par exemple avec la manifestation annuelle pour le climat, je trouve ça beau et riche.
La nouvelle génération est bien plus informée, bien plus efficace et innovante. Pour elles et eux, je n’ai pas de conseils à transmettre mais des encouragements. Je les encourage à continuer leurs combats, qu’ils soient personnels et inspirants ou collectifs et ancrés. Et je leur souhaite de vivre plus de paix et plus d’égalité, des combats qui semblent sans fin mais qui ne seront jamais inutiles. Pour ma part, je souhaite rencontrer et échanger, encore et encore, avec cette belle jeunesse.

