Florent Gouézin est coordonnateur à l’Association des auteures et auteurs de l’Estrie. L’écriture a toujours occupé une place importante dans son parcours, d’abord de manière spontanée et intime. Il a commencé à écrire très tôt, simplement pour le plaisir, sans objectif de publication. Son cheminement académique, pourtant, semblait l’en éloigner : des études scientifiques très structurées, notamment en mathématiques, puis un passage par l’histoire et ensuite l’histoire de l’art. C’est à ce moment-là qu’il a renoué avec une écriture plus libre, plus « aérienne », retrouvant le plaisir initial de créer.
« Je suis né en Bretagne en 1987. Mon arrivée au Québec il y a 10 ans a marqué un tournant décisif. Pendant près d’un an, en raison de démarches administratives liées à la résidence permanente, je n’avais pas le droit de travailler. Ce temps suspendu, passé en grande partie à la maison, a offert à l’écriture une nouvelle place, plus centrale. Elle est devenue pour moi un espace de respiration et de réflexion. »
De l’écriture intime à la reconnaissance
Auparavant, à Paris, il travaillait dans des bibliothèques scolaires, un milieu qu’il aimait particulièrement pour le contact avec les jeunes et le monde de l’éducation. En parallèle, il écrivait davantage, des textes plus longs, qu’il laissait souvent dans un tiroir. C’est presque par hasard qu’une amie lui a parlé d’un concours de nouvelles, le Concours d’écritures sherbrookoises, organisé par l’Association des auteures et auteurs de l’Estrie. Le texte demandé devait compter entre sept et dix pages, autour d’un thème imposé. Finaliste deux années d’affilée, soit 2020 et 2021, il est finalement lauréat du concours en 2022.
« En 2022, malgré le contexte de la COVID, j’ai eu l’honneur de voir mon texte lu sur la grande scène du Salon du livre, un moment marquant et profondément motivant. »
Le rôle essentiel des ateliers et de l’association

Cette reconnaissance lui a donné accès à des ateliers d’écriture gratuits. Ces espaces collectifs ont été déterminants pour lui : lire son texte devant les autres, entendre des retours, se rendre compte que chacun écrit différemment mais avec exigence. L’animatrice, Lise Blouin1, auteure reconnue, l’a encouragé à envisager une étape plus ambitieuse : travailler sur un manuscrit et le soumettre à une maison d’édition.
Même si cela peut être intimidant, ces échanges nourrissent la motivation. Aujourd’hui, Florent continue à écrire des nouvelles, inspirées notamment par le quartier d’Ascot où il vit depuis 2018, mais il travaille surtout sur plusieurs romans en parallèle, sans se presser, refusant de bâcler le travail.
Une conception libre et collective de l’écriture
« Pour moi, l’écriture reste avant tout un plaisir. La reconnaissance institutionnelle est arrivée par hasard, et si elle m’a encouragé à prendre mon travail plus au sérieux, je refuse d’y perdre ma liberté. Je privilégie le temps long, les rencontres, les échanges entre auteurs et lecteurs. »
C’est dans cet esprit que l’association joue un rôle fondamental. Elle rassemble auteurs, auteures, lecteurs, lectrices ainsi que personnes simplement curieuses. Elle offre des ateliers accessibles, des espaces de discussion informels, et favorise le partage plutôt que la performance. L’objectif est simple mais essentiel : rendre l’écriture vivante, collective et ouverte à tous et à toutes.

