Aline Élie a été traductrice une grande partie de sa vie. Elle est maintenant à la retraite. Elle a eu l’occasion de traduire des poèmes, entre autres. Elle a également publié des haïkus dans plusieurs revues.
Son premier roman est sorti en 2024. C’est une biographie de Florence Louise Bradford intitulée La mère des mères.
L’histoire d’une femme dévouée
L’histoire démarre au début des années 1900 en Estrie. Florence Louise Bradford tombe enceinte sans être mariée. Elle est envoyée à Montréal par sa famille pour la cacher. Elle décide de revenir à Sherbrooke pour accompagner les femmes non mariées dans l’accouchement et l’adoption. De 1945 à 1954 environ, elle a permis à 8000 femmes de confier leur enfant en adoption.
Florence annonçait les enfants disponibles pour l’adoption dans les journaux locaux. « Et dans sa philosophie, elle essayait de placer les enfants dans un milieu semblable à celui de la mère. […] C’est tout un exploit », souligne Mme Élie.
Sa motivation d’écrire
Aline Élie s’intéresse à Florence depuis longtemps et a fait beaucoup de recherche. Elle a voulu faire connaître cette figure emblématique de Sherbrooke. Mme Élie aime écrire des histoires auxquelles elle croit fermement et qui méritent d’être diffusées.
Son inspiration
Elle a décidé d’écrire l’histoire de la perspective de Florence afin d’avoir un récit plus riche en émotion. On y survole sa vie.
Ce choix de perspective est venu à Mme Élie à partir d’un film qui met en scène une jeune fille décédée récemment. « L’histoire était faite comme si la jeune fille était assise sur le bord d’un nuage et elle regarde sa famille, comment elle réagit ».
Une histoire de famille
Elle écrit ces jours-ci l’histoire de son grand-père maternel, né au début des années 1900. Elle a reçu des membres de sa famille des bouts d’informations sur cet homme créatif et courageux.
À un jeune âge, son grand-père est parti travailler dans une usine aux États-Unis. Là- bas, il s’est blessé à la main et la gangrène a dévoré son bras.

De retour au Québec avec un seul bras, il était déprimé. Car il ne savait pas s’il pourrait survivre et trouver une femme qui veuille de lui. « Et les prothèses n’existaient pas à l’époque. Il s’en est fabriqué une avec une espèce d’attelage […] avec un ressort dans le coude. Et il s’est sculpté plusieurs mains selon ce dont il avait besoin. »
L’auteure romance un peu l’histoire, afin de plonger le lectorat dans l’action.
Son conseil d’auteure
Le syndrome de la page blanche l’envahit souvent. Malgré tout, elle en rit et elle aime toujours l’écriture. Son truc est de simplement se mettre à écrire, sans jugement. « Quand j’ai pris ma retraite, j’ai suivi des ateliers d’écriture avec Hélène Boissé, une auteure sherbrookoise. Le truc qu’elle nous donnait était de commencer à écrire n’importe quoi, [comme] « Il fait gris aujourd’hui. J’ai mangé deux toasts pour déjeuner. Puis, finalement on se met en marche », suggère l’auteure.
