Cette croix en acier d’un peu plus de 33 mètres de hauteur est érigée en 1950 au sommet du mont Bellevue, à Sherbrooke, pour commémorer l’Année sainte. Cette initiative est une réponse à l’appel du pape Pie XII qui souhaite que des croix soient érigées partout dans le monde.
C’est la Ligue des propriétaires qui forme, le 14 juin 1950, le comité intitulé l’Oeuvre de la Croix lumineuse de Sherbrooke, composé d’une quinzaine de personnes pour piloter le projet, sous la présidence de Paul Leclerc. Le terrain d’environ 810 m2, pour ériger la croix et un chemin d’accès sont offerts par deux propriétaires, Irénée Gagnon et Franklin Cludery. Après six mois de sollicitation, 10 000 $ sont amassés, 85 % auprès de la population et des industries, les 15 % restant provenant de la Ville de Sherbrooke, en plus du coût des fondations et de l’illumination.
Le contrat de fabrication de la structure d’acier à joints soudés est confié à l’usine Métallurgie Moderne Enr., située sur la 10e Avenue, selon les plans de l’ingénieur montréalais Marc Marceau. Commencés en août, les travaux se terminent grâce aux employés de la Ville et à plusieurs bénévoles.

La croix, comportant une plaque circulaire, et les lettres P et X superposées pour Pax, est finalement inaugurée et bénie par le vicaire général diocésain, Mgr Olivier Zacharie Letendre (1874-1952), le 29 octobre 1950. Les travaux d’illumination se terminent pour la fête de l’Immaculée-Conception, le 8 décembre. Le 20 avril 1952, le monument et le terrain sont cédés à la Ville de Sherbrooke.
Cette croix serait, du moins à l’époque, la plus grande au Canada, et même en Amérique du Nord. Les 40e, 50e et 60e anniversaires de la croix ont fait l’objet de cérémonies. En 2000, la façade de la structure est peinte avec une peinture réfléchissante amplifiant l’effet des néons.
Au départ, en 1950, on parlait de la croix de Sherbrooke, mais rapidement l’usage de croix du Mont-Bellevue est devenu plus courant dans la population.
