Mère de famille le jour, infirmière clinicienne de nuit et présidente de l’Association des Guinéens de l’Estrie, Mariam Saran Camara jongle quotidiennement avec plusieurs responsabilités. Depuis plusieurs années, elle s’est imposée comme l’une des figures les plus engagées de la communauté africaine à Sherbrooke, consacrant une grande partie de son temps à soutenir les nouveaux arrivants et à favoriser leur intégration.
À travers les activités organisées par son association, en collaboration avec les dirigeants d’autres organismes représentant différentes communautés africaines, elle contribue à créer des espaces de rencontre où les traditions culturelles côtoient les valeurs de la société québécoise.

« Grâce à la culture et aux activités d’intégration, tout se passe très bien. Nous organisons des célébrations comme la fête de l’indépendance de notre pays, des retrouvailles et plusieurs activités qui permettent aux membres de la communauté de retrouver une partie de leur culture africaine. En même temps, nous nous adaptons à la culture québécoise et aux autres cultures afin de favoriser une véritable intégration », explique Mariam Saran Camara.
Selon elle, les défis liés au coût de la vie, au logement et à l’installation demeurent parmi les principales préoccupations des nouveaux arrivants. C’est pourquoi l’association accompagne les familles dans leurs démarches administratives et les oriente vers les ressources disponibles.
« Il y a beaucoup de difficultés dans la communauté et je suis là pour écouter les gens, les accompagner et chercher des solutions avec eux. Lorsqu’une famille vient me voir pour trouver un logement, nous faisons les démarches ensemble afin d’augmenter leurs chances de réussite », raconte-t-elle.
Son engagement communautaire demande beaucoup de temps. Pour assurer l’équilibre financier de sa famille, Mariam Saran Camara a également créé une entreprise spécialisée dans la vente de produits africains destinés aux hommes et aux femmes.
« J’ai une entreprise de produits africains, principalement de mon pays. Pour le moment, les ventes se font surtout en ligne, par Internet, WhatsApp, Facebook et Marketplace. Durant l’été, je participe aussi aux événements communautaires et familiaux où je suis invitée à présenter mes produits, car les gens me connaissent grâce à mon implication dans la communauté », explique-t-elle.
Concilier toutes ces responsabilités représente un véritable défi. En plus de son rôle de dirigeante communautaire et d’entrepreneure, elle est mère de quatre enfants et travaille comme infirmière clinicienne de nuit.
« Je suis maman de quatre enfants, deux garçons et deux filles. Ma plus jeune fille a quatre ans. Ce qui m’aide à tout concilier, c’est la discipline. Je suis maman le jour, je travaille la nuit comme infirmière clinicienne, je m’occupe de mon entreprise et je remplis aussi mes responsabilités familiales. »
Forte de son propre parcours, elle encourage les nouveaux arrivants à faire preuve de persévérance et à sortir de leur zone de confort pour saisir les occasions qui s’offrent à eux.
« Le conseil que je peux donner, c’est d’être soi-même, d’écouter davantage et d’aller vers les autres. Les opportunités ne viendront pas frapper à votre porte. J’ai moi-même traversé de nombreuses difficultés, mais je n’ai jamais abandonné. C’est grâce à cette persévérance que je suis ici aujourd’hui. »
Malgré un horaire chargé, Mariam Saran Camara affirme vouloir poursuivre son engagement auprès de toutes les familles qui ont besoin d’accompagnement, sans distinction d’origine ou de culture. Pour elle, l’intégration passe avant tout par l’entraide, le dialogue et la solidarité. À travers l’Association des Guinéens de l’Estrie, elle continue de bâtir des ponts entre les communautés et de rappeler que chaque geste d’accueil peut transformer le parcours d’une personne nouvellement arrivée au Québec.


