Qu’attendent les jeunes du quartier? Quels sont leurs rêves, leurs besoins, leurs préoccupations? De grandes questions auxquelles il serait difficile de répondre en une seule page. La réflexion se complexifie davantage lorsqu’on s’intéresse spécifiquement à la place de l’environnement et de la protection de la nature dans l’imaginaire des jeunes.
Toutefois, si l’on a parfois l’impression que les jeunes des quartiers plus défavorisés se sentent moins concernés par les questions environnementales, c’est peut-être parce qu’on aborde le sujet sous le mauvais angle. On considère souvent l’économie et l’environnement comme deux sphères distinctes, alors qu’elles peuvent au contraire aller de pair. En effet, plusieurs choix écologiques peuvent aussi être avantageux sur le plan financier. Pensons aux friperies et aux boutiques de seconde main, ou encore à la consigne des canettes. Réparer des objets ou leur donner une seconde vie permet également de réduire son empreinte environnementale tout en économisant.
Une autre piste pour rejoindre les jeunes et les sensibiliser à la nature consiste à favoriser leur contact avec les milieux naturels dès le plus jeune âge. Après tout, on protège ce que l’on aime, et l’on aime ce que l’on connaît. À cet égard, le parc du Mont-Bellevue constitue un endroit privilégié pour s’immerger parmi les arbres au cœur du quartier. Bien qu’il ne soit pas possible de sortir des sentiers en raison du statut de réserve naturelle qui protège 75 % de la montagne, ce lieu demeure un véritable joyau pour se ressourcer en forêt et observer une grande diversité d’espèces animales et végétales.
D’ailleurs, des intervenants et intervenantes du domaine de la santé mentale ont récemment mené une série d’activités dans la montagne avec un groupe de jeunes suivis pour divers enjeux psychosociaux. L’une des animatrices, œuvrant dans le domaine du travail social, a partagé les nombreux bienfaits observés :
« On remarque un apaisement, une légèreté après nos ateliers, même si eux ne le verbalisent pas toujours clairement. L’aspect ludique et concret des jeux est ce qui nous aide le plus. Utiliser la nature comme levier, par exemple retrouver son arbre après avoir eu les yeux bandés… Les jeunes ont vraiment apprécié. »
Au-delà du contact avec la nature, la sensibilisation demeure également essentielle. Marie-Ève Benoit, directrice d’Action SaintFrançois, nous rappelait lors d’une entrevue l’importance de multiplier les occasions d’engagement :
« Ça prend plus d’activités de sensibilisation, d’opportunités pour les jeunes de s’engager, comme lors de collectes de déchets. Ça prend aussi une collaboration accrue de la Ville pour sensibiliser davantage la population du quartier à l’aide de pancartes ou d’autres moyens de communication. »
De son côté, Juan Pablo Castillo, employé et bénévole au Café Baobab, soulignait que la mise en place de jardins communautaires pourrait constituer un levier important pour intéresser les jeunes et les encourager à participer à des initiatives environnementales locales. Comme quoi, malgré les défis évoqués précédemment, les idées ne manquent pas. Reste maintenant à les faire connaître.

