Dans le cadre du projet Bienvenue à Sherbrooke, Commun’Action Ste-Jeanne d’Arc souhaite faire connaître le parcours de personnes immigrantes qui considèrent aujourd’hui Sherbrooke leur nouvelle maison. Ce projet est réalisé avec le soutien financier du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI).
De Yaoundé à Sherbrooke, la quête de Simone Pierre Amagnamoua
Imaginez un pays où l’on trouve tous les climats d’Afrique, des centaines de langues et des fruits d’une saveur unique. C’est le Cameroun, la terre natale de Simone Pierre Amagnamoua. Là-bas, elle grandit dans une famille nombreuse et chaleureuse, entourée de rires et de solidarité.
À Yaoundé, la capitale, Simone mène une vie bien remplie. Elle travaille, étudie la psychologie et la théologie le soir, et consacre ses week-ends aux jeunes de sa paroisse. C’est en écoutant les gens qu’elle réalise un besoin : beaucoup souffrent en silence, par manque de soutien psychologique. Elle décide alors de partir se former au Canada, pour apprendre à mieux les aider.
Le départ est déchirant. Dans seulement deux valises, elle doit tout faire tenir. Le voyage est long et éprouvant. À son arrivée à Toronto, les choses se compliquent. Simone parle français, mais les agents à l’immigration parlent anglais. La communication est difficile, et le stress monte. Finalement, après vérification de tous ses papiers, elle obtient son précieux permis d’études.
La suite de son parcours la mène dans le nord de l’Ontario, à l’Université de Hearst. L’environnement géographique et universitaire est différent de ce qu’elle avait imaginé, tant par son cadre naturel que par son climat plus frais. Cela constitue d’ailleurs son premier grand défi d’adaptation culturelle et personnelle.
Malgré ce premier défi, Simone fait preuve d’une grande persévérance. Elle obtient son diplôme de premier cycle avec d’excellents résultats. Parallèlement à ses études, elle s’engage activement dans la vie de son université. Cette implication lui vaut un poste de conseillère à la vie étudiante, où elle peut mettre son expérience au service des autres étudiants internationaux, les aidant à s’installer et à s’adapter à leur nouvel environnement.
Désireuse de poursuivre ses études au niveau du doctorat, elle constate que les places en psychologie clinique sont très limitées. C’est dans ce contexte qu’une nouvelle possibilité s’offre à elle : intégrer un programme de doctorat en sciences de la santé à l’Université de Sherbrooke. Après avoir soigneusement pesé le pour et le contre, elle décide de saisir sa chance, y voyant un excellent moyen d’approfondir ses connaissances et de développer des compétences utiles pour concrétiser son projet d’aide à la communauté.
C’est ainsi qu’en novembre 2024, Simone arrive à Sherbrooke. La ville l’accueille à bras ouverts. Sa future professeure vient la chercher et l’aide à s’installer. Simone tombe sous le charme de la ville. « Les collines me rappellent Yaoundé », confie-t-elle. Elle y trouve un équilibre entre études, spiritualité et nature.
Pour elle, l’intégration, c’est une question d’anticipation. Elle a cherché son logement six mois à l’avance! Et pour garder un lien fort avec son pays, elle cuisine. Ses épices camerounaises sont ses trésors. « Si je ne devais emporter qu’une chose, ce seraient mes épices », ditelle en souriant.
Son conseil à ceux qui arrivent est clair : « Prenez votre destin en main. Renseignez-vous, planifiez chaque étape, surtout pour vos papiers. Ne subissez pas votre parcours, construisez-le. » À Sherbrooke, elle se sent chez elle. « Ici, ce qui compte, c’est ce que vous savez faire. Vos compétences ouvrent les portes. » Elle assume avec fierté son parcours d’immigrante et ses racines camerounaises, trouvant dans cette dualité une force unique pour ses études et son intégration.
Aujourd’hui, Simone avance sereinement dans son doctorat. Son voyage, fait de défis et de rebonds, lui a donné une détermination incroyable. Et son objectif reste inchangé : utiliser tout ce qu’elle apprend pour tendre la main à ceux et celles qui en ont besoin, tout simplement. Elle envisage déjà de mettre ses futures compétences en recherche au service d’associations locales à Sherbrooke, convaincue que son histoire n’est pas terminée, mais qu’elle entre dans un nouveau chapitre prometteur, ici, dans les collines de l’Estrie.
Simone est doctorante en sciences de la santé à l’Université de Sherbrooke.


