Entreprises et organismes se sont rassemblés au premier Rendez-vous de la diversité pour discuter de recrutement et d’intégration de personnes immigrantes.
Le rendez-vous a permis à des employeurs, comme Ugo Beaulieu, directeur général de La Cartoucherie, d’offrir des témoignages d’intégration réussie de personnes immigrantes. Il a raconté le recrutement de travailleurs surqualifiés fait en Tunisie et leur intégration chaleureuse dans l’équipe d’une cinquantaine d’employés. L’entreprise a, entre autres, soutenu les nouveaux arrivants dans leur recherche de logement et les a orientés vers des ressources essentielles pour bien s’installer, comme les commerces de proximité.
Plus tard, quand certains employés ont accédé à des postes mieux adaptés à leurs compétences, ils ont recommandé à l’entreprise des contacts en Tunisie pour assurer leur relève. Grâce à ces références, La Cartoucherie a ainsi évité un nouveau processus de recrutement à l’international.
Freiner le roulement d’employés
L’événement a aussi été l’occasion pour Actions interculturelles Canada (AIC) de sensibiliser les entreprises et organismes présents aux meilleures pratiques d’intégration. « On a décidé de lancer une série de Rendez-vous de la diversité qui sont orientés sur les employeurs qui optent pour la diversité et qui ont de l’expérience là-dedans », explique Mohamed Soulami, directeur général et cofondateur d’Actions interculturelles.
La rétention des personnes employées est essentielle, selon Ines Ghozzi, directrice du développement pour AIC. Selon les données d’AIC, le coût de remplacement d’une personne employée peut être de 50 % de son salaire annuel, si on considère l’embauche, la formation et l’intégration dans l’équipe.
L’intégration en entreprise inclut un accueil structuré, une présentation de la compagnie, un parcours de francisation, au besoin, et des activités d’inclusion et d’appartenance. Mme Ghozzi donne en exemple les 5 à 7 culturels où les employés préparent et offrent à leur équipe la nourriture de leur pays d’origine.
« On insiste beaucoup sur la partie sociale parce que l’intégration professionnelle est importante, mais ce qui permet réellement aux personnes immigrantes de s’installer durablement est la création d’un cercle social et d’un sentiment d’appartenance », mentionne M. Soulami.
Créé par des étudiants de l’Université de Sherbrooke en 1990, l’organisme Actions interculturelles a pour mission de « valoriser l’apport de la diversité culturelle dans notre société et soutenir l’intégration socioprofessionnelle des personnes immigrantes », souligne Mohamed Soulami.
Travailler pour Sherbrooke
La Ville de Sherbrooke a fait témoigner du processus d’intégration Marc-André Monette, son conseiller en attraction et marketing ressources humaines, et Particia Landry, conseillère agréée principale en ressources humaines. D’abord, l’accueil structuré est effectué en partenariat avec Préférence Estrie, un organisme à but non lucratif qui aide les entreprises à loger leurs nouveaux employés en Estrie. L’organisme aide aussi les parents à trouver une garderie et assiste les conjoints ou conjointes à trouver un emploi en Estrie.
Puis, la présentation de la compagnie et l’inclusion sont facilitées par les gestionnaires d’équipe de la Ville.
La Ville de Sherbrooke travaille également en partenariat avec Orientation travail, qui connecte les personnes issues de la diversité et les employeurs. Pour l’organisme communautaire, la diversité peut inclure un handicap, un parcours judiciaire, un âge avancé ou un parcours d’immigration. Un autre organisme partenaire de la Ville est le Centre d’intégration au marché de l’emploi, qui se spécialise dans l’insertion socioprofessionnelle des femmes dans le marché du travail. Finalement, la Ville est en lien avec le Service d’aide aux Néo-Canadiens pour l’intégration des personnes immigrantes.
C’est le 15 avril dernier, au QG de l’entrepreunariat de Sherbrooke, qu’avait lieu ce premier rendez-vous, organisé par Actions interculturelles Canada.

