Environnement et développement durable
Quelles actions concrètes aimeriez-vous proposer pour renforcer l’engagement environnemental de la Ville?
Agar Grinberg
Geneviève La Roche
- Annabelle Lalumière-Ting

Développement durable = prospérité partagée
À Ascot, développement durable rimera avec développement économique et qualité de vie. Le Boisé Ascot-Lennox? Donnons-lui une vocation transformatrice : Au-delà des sentiers, imaginons ensemble une forêt comestible, nourricière, qui combine éducation, apprentissage et création. Un laboratoire vivant pour l’innovation citoyenne et l’entrepreneuriat local. Protéger nos espaces naturels, c’est bien. Les valoriser pour qu’ils enrichissent la communauté, c’est mieux.Facilitons l’entrepreneuriat local
Vos projets méritent un accompagnement efficace, pas des obstacles administratifs. Accélérons l’émission de permis, formons nos fonctionnaires aux réalités des petites entreprises. Plus d’activités économiques locales = plus de ressources pour financer nos services communautaires. L’équation gagnante : une économie dynamique nourrit une communauté forte.La sécurité demeure fondamentale
Un quartier sécuritaire et bien entretenu attire les investissements et rassure les résidents. Mon approche du développement durable unit les dimensions : écologie créative, économie collaborative, société entrepreneuriale. Ensemble, créons la richesse ici pour qu’elle bénéficie à tous. Une forêt qui nourrit, une économie qui crée, un quartier qui protège : voilà ma vision! Prêts à bâtir cet avenir ensemble?
Au cours des dernières années, la Ville a franchi d’importantes étapes, notamment avec l’adoption du Plan nature, de la Politique de l’arbre et du Plan climat. Mais beaucoup reste à faire pour répondre aux défis climatiques!
Nous devons intensifier nos efforts pour protéger et mettre en valeur nos boisés de quartier et favoriser le verdissement afin de lutter contre les îlots de chaleur. Bien sûr, la poursuite des acquisitions et le développement de sentiers accessibles à la population dans le Boisé Ascot-Lennox demeurent pour moi une priorité. Il s’agit du dernier grand boisé urbain, qui nous rend des services écologiques immenses, tout en étant un lieu de ressourcement physique et mental pour les gens du quartier.
Il faut également étendre la collecte du compost aux multilogements afin qu’elle soit accessible à l’ensemble des ménages, réduisant ainsi considérablement nos matières résiduelles à enfouir et les coûts associés.
La question de l’eau potable doit aussi être abordée avec sérieux. Il faut améliorer nos infrastructures, diminuer la consommation et intégrer davantage d’aménagements de type « éponge » qui permettent de réduire le ruissellement et de prévenir les inondations.
La mobilité durable reste un élément central pour les années qui viennent. Il faut continuer à développer l’offre de transport en commun pour permettre des déplacements réellement efficaces. On doit aussi pouvoir se déplacer à pied et à vélo de manière sécuritaire.
Je souhaite qu’on améliore notre autonomie par un approvisionnement local accru et une meilleure accessibilité aux produits de nos agriculteurs et agricultrices de la région, notamment pour soutenir les entreprises locales et réduire l’impact de notre consommation.
Finalement, l’adoption d’un plan d’urbanisme, sur lequel j’ai énormément travaillé, permettra un développement plus responsable et harmonieux, avec des quartiers dynamiques et complets qui nous permettent d’avoir tout ce qu’il nous faut à proximité.
Dans le dernier mandat, plusieurs hectares du Boisé Ascot-Lennox ont été acquis par la Ville dans le but de protéger cet espace. Il est bien sûr impératif de continuer en ce sens et d’utiliser le budget d’acquisition stratégique pour continuer de protéger ce territoire d’une grande valeur écologique et offrir un accès à la nature. Il s’agit du dernier grand boisé urbain et il m’apparaît essentiel de le protéger en entier. Heureusement, Sherbrooke Citoyen a su agir avec rapidité et courage dans les quatre dernières années et profiter des occasions qui se sont présentées pour acheter des sections du boisé. Sherbrooke Citoyen, a, chaque fois, su rallier le conseil municipal autour de l’importance de protéger cet espace. La prochaine étape sera de rendre accessibles les parties déjà protégées et de poursuivre le travail pour protéger l’ensemble du boisé. Avec l’équipe de Sherbrooke Citoyen, nous y arriverons!
Dans un district urbain comme Ascot, nous devons travailler à réduire les îlots de chaleur. Nous devons donc agir pour diminuer les surfaces en asphalte et, lorsque c’est possible, les retirer pour faire place à de la végétation. On transforme ainsi nos quartiers pour les rendre plus agréables, créer de l’ombre et améliorer la qualité de l’air. Ce type de projet est fait en partenariat avec des organismes communautaires. De ces projets de déminéralisation peuvent découler des lieux de rencontres comme des jardins communautaires ou tout simplement des espaces verts de repos à des endroits centraux du quartier qui demeurent sous utilisés. Occuper l’espace en créant des lieux dans lesquels chacun peut se sentir à sa place, c’est un projet qui nous rassemblera.
Logement, diversité et qualité de vie dans le quartier
Dans un contexte de développement urbain, et dans l’objectif de préserver une mixité sociale et démographique, quels leviers concrets la Ville peut-elle mobiliser pour maintenir l’accessibilité au logement dans le quartier et quelles seraient, selon vous, trois actions prioritaires à mettre en place pour répondre à ces enjeux?
Geneviève La Roche
- Annabelle Lalumière-Ting
- Agar Grinberg
Si l’on veut réduire le coût des loyers et préserver la mixité sociale dans Ascot, on doit continuer sur notre lancée et augmenter la proportion de logements locatifs hors marché (OMH, OBNL d’habitation, coopératives d’habitation). La nouvelle Politique de l’habitation, que j’ai pilotée en tant que présidente de la Commission de l’aménagement du territoire, fixe un objectif ambitieux de 20 % du parc locatif en logement hors-marché. Mais pour atteindre cet objectif, il faudra une collaboration étroite entre la Ville, les organismes, les coopératives d’habitation et l’ensemble des partenaires du milieu. Il faudra également démontrer du leadership et faire pression sur le gouvernement provincial afin que les investissements soient conséquents avec les besoins de la population, et que les programmes permettent de construire des logements hors marché rapidement et à moindre coût.Trois actions prioritaires :
- Accélérer le développement de projets de logements sociaux, communautaires et coopératifs, en facilitant les processus d’approbation et d’accompagnement des projets, tout en misant sur la collaboration.
- Mettre en place des outils financiers et réglementaires incitatifs (crédits de taxe, redevances dans les projets privés, etc.) pour favoriser la construction de logements hors marché. Il faut également offrir de la prévisibilité à nos partenaires en adoptant un plan d’investissement et de réalisation sur 5 ans.
- S’assurer de bien répartir la construction de logements hors marché sur le territoire, à proximité des services, afin de cultiver la mixité dans les milieux de vie. On doit favoriser la cohabitation de diverses générations et réalités socioéconomiques, dans une offre d’habitation diversifiée, adaptée et durable.
La diversité culturelle, sociale et générationnelle du quartier doit absolument être préservée. Chez Sherbrooke Citoyen, nous croyons que toutes et tous doivent avoir leur place dans notre ville et que personne ne doit être laissé de côté. C’est pourquoi dans les quatre dernières années, l’équipe de Sherbrooke Citoyen a travaillé fort pour protéger les droits des locataires et encourager le développement harmonieux des quartiers.
Sous le leadership de Sherbrooke Citoyen, la Ville de Sherbrooke a travaillé à l’adoption de la Politique d’habitation. Parmi les nombreuses mesures et les objectifs de cette politique, se trouve la cible essentielle d’atteindre 20 % du parc de logements en logements hors marché. Concrètement, cette mesure vise à ce que les organismes à but non lucratif (OBNL) et les coopératives soient soutenus dans le développement de projets résidentiels pour lesquels la recherche du profit n’est pas l’objectif ultime. Cela signifie des logements moins chers à perpétuité. En travaillant à atteindre cette cible, nous aiderons des familles, des personnes âgées et des jeunes à se loger convenablement, dans des logements qui leur conviennent et qui respectent leur budget.
En plus de cette cible essentielle, la Ville peut utiliser de nombreux pouvoirs pour augmenter l’offre de logements et en simplifier la construction. Par exemple, la loi 31 (Loi modifiant diverses dispositions législatives en matière d’habitation) permet d’accélérer le processus d’approbation de certains projets lorsqu’ils respectent certains critères. On parle ici d’un gain de temps qui se compte en mois! Parallèlement, la Ville a soumis certains terrains stratégiques à un droit de préemption, afin de pouvoir les acquérir s’ils étaient mis en vente. Cette stratégie permettra de garnir la banque de terrains stratégiques pour la Ville et de développer ensuite sur ceux-ci des projets de logements hors marché avec l’appui des coopératives ou OBNL intéressés.
Nous allons continuer de nous battre pour la qualité de vie des gens de Sherbrooke!
Faire de la croissance d’Ascot un moteur de coopération
Ascot attire investissements et essor immobilier. Excellente nouvelle : nous manquons de logements. Le défi : orchestrer cette expansion pour qu’elle profite à tous.
- Faire des organismes locaux de vrais alliés Les groupes communautaires d’Ascot connaissent le terrain mieux que quiconque. Simplifions leur vie : guichet unique, réponses rapides, moins de paperasse. Formons nos fonctionnaires à la réalité des organismes qui manquent de temps et de ressources. Quand ils ont une bonne idée, l’administration doit les aider à la concrétiser. Ces partenaires multiplient l’impact de chaque dollar municipal – donnons-leur les moyens d’agir.
- Des projets immobiliers à retombées sociales Les promoteurs doivent rester rentables, mais chaque développement peut intégrer logements abordables, coopératives ou espaces communautaires. La Ville facilite : simplification des démarches, accélération des permis, ajustements fiscaux pour rendre l’équilibre social compatible avec la rentabilité.
- Unir économie locale et qualité de vie Un quartier vivant ne repose pas que sur le logement : il faut des services et emplois de proximité. Encourageons l’installation de commerces et petites entreprises en réduisant les délais et entraves. Chaque nouvelle entreprise devient un service pour les résidents et une source d’emplois.
Une Ville qui ouvre des portes : négocie avec les promoteurs, valorise les organismes, planifie les services. Ascot peut rester accessible en misant sur le dynamisme économique au service du social.
Cohésion sociale, inclusion et vivre-ensemble
Comment la Ville peut-elle contribuer à créer davantage de liens entre les générations et les cultures dans des lieux publics comme les parcs, bibliothèques ou écoles? Avez-vous des idées de projets novateurs pour favoriser les rencontres interculturelles et intergénérationnelles?
Annabelle Lalumière-Ting
- Agar Grinberg
- Geneviève La Roche
Comme travailleuse sociale et personne issue de l’immigration, la création de ponts entre les gens, les diverses générations et les diverses cultures est un enjeu qui m’est cher. Je considère qu’il est impératif de travailler en collaboration avec les tables de quartier, les organismes communautaires, les institutions d’enseignement et les organisateurs communautaires dans le but de rejoindre les gens plus vulnérables.
Avec mon expertise en travail social, je suis d’avis qu’un quartier comme le nôtre bénéficierait beaucoup de la présence d’une ressource qui irait à la rencontre des gens pour les guider vers les services existants dans le but d’améliorer leur qualité de vie. Quand les gens se sentent écoutés et inclus, on crée une communauté dynamique. Cette ressource pourrait alors facilement soutenir et propulser les initiatives citoyennes. Selon moi, les projets émanant de la communauté sont souvent les plus porteurs. Comme conseillère municipale, je m’engage à travailler avec vous pour donner à toutes et tous les moyens de développer son plein potentiel.
Je propose aussi de créer de nouveaux parcs, compte tenu de l’augmentation de la population dans les dernières années et de bonifier ceux déjà existants. Cela pourrait amener de nouvelles personnes à les fréquenter. Par exemple, la création d’un terrain de pétanque, d’un parc à chiens ou d’un espace d’entraînement au parc Belvédère amènerait une nouvelle clientèle et pourrait éventuellement contribuer à la création de liens entre les résidents. Nous sommes une grande famille dans Ascot, il nous faut plus d’occasions de se fréquenter.
Les organismes communautaires étant un élément crucial dans plusieurs des propositions nommées ci-haut, la Ville peut travailler encore plus étroitement à les soutenir dans leur mission. Il en va de la qualité de vie de nos citoyens!
Cohésion sociale : de la cohabitation à la coopération
Ascot, c’est plus de trente cultures qui se côtoient. Le vrai défi, c’est de passer du « vivre côte à côte » au « créer ensemble ».
La Ville ne doit pas inventer des projets d’en haut, mais agir comme catalyseur. Son rôle : connecter les initiatives et partenaires naturels— organismes, écoles, commerces, citoyens — et leur donner les moyens d’agir.
Trois leviers simples peuvent faire la différence :
- Tables de co-création : Réunir régulièrement les acteurs du quartier pour qu’ils conçoivent eux-mêmes des projets adaptés. La Ville fournit l’espace, mais ce sont les organismes et les citoyens qui créent.
- Un fonds d’expérimentation rapide (projet pilote) : Jusqu’à 5 000 $, décision en deux semaines, pour permettre aux organismes et groupes locaux de tester leurs idées — jardins partagés, ateliers de réparation, ateliers saveurs et cultures. La Ville facilite, elle ne programme pas.
- Reproduction des succès : Documenter et partager ce qui marche afin que d’autres organismes puissent s’en inspirer.
Exemples concrets : jumelages familiaux portés par des associations, ateliers intergénérationnels organisés par des écoles ou des résidences, cuisines nomades animées par diverses communautés. Dans chaque cas, l’initiative vient du terrain; la Ville se limite à soutenir, simplifier et donner de la visibilité.
La cohésion sociale ne se décrète pas, elle se construit. Il n’existe pas une solution miracle, mais un écosystème où dix petites solutions peuvent naître, grandir et se répandre. L’intelligence collective d’Ascot est déjà là : la Ville doit simplement l’accompagner.
Ascot se distingue par sa grande diversité culturelle et générationnelle, et nous avons la chance de compter sur un nombre exceptionnel d’organismes qui favorisent le vivre-ensemble. Qu’on pense à Famille Espoir, la Maison des Grands-Parents, le Baobab, le Carrefour Accès Loisirs, nos deux exceptionnelles tables de quartier, le Blé d’or, et beaucoup d’autres organismes précieux, toutes et tous travaillent ensemble dans ce désir d’inclusion et de rencontre de l’autre. Mais la Ville peut aller encore plus loin, entre autres en mettant en valeur leurs initiatives et en créant davantage de lieux et d’occasions de rencontre.
Par exemple, la bonification des espaces publics par l’intégration d’infrastructures conviviales est à privilégier (jardins partagés comme l’Espace de la diversité du parc Belvédère [Fédération des communautés culturelles], places publiques animées, espaces de cuisine en plein air, marchés publics dans les parcs, aires de jeux inclusives) est à privilégier. Il faut créer des lieux de vie favorisant naturellement la rencontre! Les événements interculturels et les fêtes de voisinage sont aussi des vecteurs importants de cohésion sociale.
Je rêve aussi de faire du Carrefour Dunant le premier projet de centre d’achat communautaire et culturel du Québec. Plusieurs organismes (Baobab, Accorderie, Habitations l’Équerre) travaillent sur cette idée, et je pense que nous avons tout ce qu’il faut pour en faire un lieu unique de solidarité et d’échange, par et pour la communauté. Je m’engage à les épauler dans ce projet pour créer un véritable milieu de vie, avec du logement, une place publique, des commerces, des services et des organismes de grande valeur pour le quartier! Un pôle où on peut à la fois répondre à nos besoins essentiels, mais aussi aller à la rencontre de l’autre, apprendre et construire des ponts.
Notre quartier est un terreau fertile pour le vivre-ensemble. À nous de le cultiver au quotidien!
