La rue Lalemant est ouverte en 1946. Le nom lui est attribué vers 1945 dans un système odonymique1 sur les missionnaires de la Nouvelle-France, commencé en 1943 à la suite de propositions de la Société d’histoire des Cantons-de-l’Est (Brébeuf, Garnier, Lalemant et Massé) et qui se poursuit dans les années 1960 avec des propositions de la Société Saint-Jean- Baptiste du diocèse de Sherbrooke (Daniel, Druillettes et Jogues).
Gabriel Lalemant est né à Paris le 3 octobre 1610. Son père est avocat au parlement de Paris. Le 24 mars 1630, il entre au noviciat de Paris de la Compagnie de Jésus. Dès 1930, il se destine aux missions étrangères, mais ses supérieurs le mènent successivement à enseigner au collège de Moulin en 1632, à étudier la théologie à Bourges en 1635, à occuper le poste de ministre des pensionnaires au collège de La Flèche au Pays-de-Loire en 1639, à enseigner la philosophie au collège de Moulin en 1641 et, finalement, il devient préfet du collège de Bourges de 1644 à 1646. Son vœu de missionnaire est exaucé quand il arrive à Québec, le 20 septembre 1646. En 1648, il rejoint le père Jean de Brébeuf en Huronie (région des Grands Lacs), plus précisément à la mission des Jésuites à Sainte-Marie-des- Hurons, près de la baie Georgienne. En 1649, il remplace le père Noël Chabanel à la mission de Saint-Louis. La mission est attaquée par les Iroquois qui le forcent à se déplacer vers le bourg de Saint-Ignace (actuellement Midland, Ontario), le torturent et le mettent à mort le 17 mars. Il est inhumé avec Jean de Brébeuf sous la chapelle de la résidence de Sainte-Marie, mais son corps est transporté à Québec, en 1650. Des reliques du père Lalemant sont déposées, entre autres, à la cathédrale Notre-Dame, à Québec, et au Sanctuaire des martyrs canadiens à Midland. Le pape Pie XI le canonise en 1930 avec les autres martyrs canadiens : Jean de Brébeuf, Noël Chabanel, Antoine Daniel, Charles Garnier, René Goupil, Isaac Jogues et Jean de La Lande. Leur fête liturgique est célébrée le 26 septembre au Canada.
1 Un système odonymique est un regroupement, dans un secteur donné, de voies de communication nommées généralement selon un thème (artistes, fleurs, musiciens, par exemple).

