Pour cette édition du journal célébrant les 20 ans de son existence, j’ai eu l’idée de projeter, avec beaucoup d’amusement anticipé, l’imaginaire des jeunes 20 autres années plus tard. Je leur ai donc demandé : Comment imaginez-vous la vie dans 20 ans? Je pensais qu’ils nommeraient des percées scientifiques, des découvertes, des rêves, etc. Permettez-moi de vous dire que ma bulle a éclaté assez vite! Instantanément, le discours des ados était fataliste : la terre sera morte, il y aura la troisième guerre mondiale, ce sera l’effondrement de la civilisation, les pandémies, les catastrophes naturelles… On m’a également demandé si je connaissais Matrix et Terminator.
S’alimentant entre eux à travers cette discussion, les jeunes ont exploré plusieurs versions possibles du futur, allant des hypothèses personnelles aux théories avancées par des experts analystes sur le sujet. Ce qui en ressort, c’est que les jeunes craignent le futur. Pas nécessairement celui qu’ils comptent se construire pour eux-mêmes, mais celui que la société et l’humanité bâtissent tranquillement chaque jour.
Au fur et à mesure qu’ils nommaient leurs inquiétudes, quelques jeunes se sont risqués à explorer l’envers de la médaille. Et si toutes ces appréhensions amenaient plutôt les gens et la technologie à se réinventer? Peut-être qu’un sens de communauté et d’entraide renaîtra de ces difficultés. Peut-être qu’à force de lire de la désinformation, les gens se retourneront vers les experts et les livres plutôt que l’intelligence artificielle pour obtenir de l’information. Peut-être que les prix baisseront pour permettre aux gens de manger et s’abriter. Peut-être que la planète ira mieux puisqu’il y aura moins de déforestation due à la baisse d’utilisation du papier. Peut-être que les gens mettront enfin leurs différends de côté et qu’il n’y aura plus d’intimidation. Peut-être qu’il y a de l’espoir si on y met chacun un peu d’effort.
Ces réflexions leur ont permis non seulement de se projeter dans l’avenir, mais aussi dans le rôle qu’ils auraient à y jouer afin d’en bâtir un futur à leur image où il ferait bon vivre. Au final, au moins une chose est certaine selon les jeunes : les maisons des jeunes existeront encore dans 20 ans puisqu’il y aura certainement encore des ados qui en auront besoin. Youpi!
