« À votre âge, on jouait dehors, on n’était pas collés à nos écrans! » C’est dans l’optique de cette affirmation que, cette année, les téléphones ont été interdits dans les milieux scolaires. Aussi, afin que civisme et respect soient au rendez-vous dans les écoles, l’ex-ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, a imposé le vouvoiement envers le personnel scolaire, que l’on doit dorénavant nommer « Madame » et « Monsieur ». Maintenant que la période des vacances pointe son nez, quelles sont les impressions qui ressortent depuis ces changements? Un sondage a été envoyé à 27 élèves, de différentes écoles secondaires de Sherbrooke, et quelques enseignants du Collège Mont Notre-Dame de Sherbrooke ont été interrogés pour entendre ce qu’ils avaient à dire.
Interdiction des téléphones : opinions divergentes
En premier lieu, j’ai pu constater qu’une grande partie des élèves consultés sont en désaccord avec l’interdiction des téléphones. Par contre, ils affirment s’être adaptés. De plus, le tiers de ceux-ci ont trouvé cet espace de socialisation et d’amitié qu’avait promis M. Drainville. Ils parlent aussi des inconvénients de cette réglementation, surtout pour les paiements du dîner. Ceux- ci doivent parfois sortir dehors pour pouvoir parler avec leurs parents ou recevoir des virements monétaires, et ce même lors des températures rudes du Québec.
Tous les enseignants que j’ai consultés sont unanimes : l’interdiction des téléphones est une bonne chose. Selon eux, cette règle a permis aux élèves de découvrir de nouveaux passe-temps et force les jeunes isolés à socialiser. Par exemple, une enseignante au Collège Mont Notre-Dame a dit avoir constaté clairement une différence dans les corridors et au cours des sorties scolaires, entre le moment où les téléphones étaient autorisés et maintenant. Elle a donné l’exemple d’une sortie scolaire où les élèves n’avaient pas le droit aux téléphones à l’aller, mais au retour, oui. Elle dit avoir vu les étudiantes jouer aux cartes et parler entre elles à l’aller, alors qu’au retour, le bus était totalement silencieux.
Vouvoiement et usage des titres « madame » et « monsieur » : difficulté d’adaptation
En second lieu, le vouvoiement et l’usage des titres « Madame » et « Monsieur » n’ont pas encore proprement atterri dans les cœurs des élèves de Sherbrooke. Malgré l’intention de M. Drainville, la majorité ne voit aucune différence quant au respect et au civisme dans l’environnement scolaire. Par contre, certains enseignants croient que cette loi a engendré un refroidissement chez certains élèves. Ils constatent que ceux-ci ont de la difficulté à formuler leurs questions en appliquant le vouvoiement, alors ils s’abstiennent de les poser, ce qui peut nuire à leurs apprentissages.
Conclusion
Après un an, le constat est clair : le personnel éducatif du Collège Mont Notre-Dame est d’accord quant à l’interdiction des téléphones, mais mitigé sur les effets du vouvoiement et de l’appellation du personnel par « monsieur » et « madame ». La majorité des élèves sont opposés à ces deux mesures. Cette année, le gouvernement a mis en place des lois pour interdire les cellulaires, mais il serait intéressant d’évoquer les impressions des élèves au sujet des mesures mises en place contre le vapotage.

