J’ai eu le plaisir de rencontrer Jadyen Bernier-Robert, un jeune auteur qui vit dans le quartier d’Ascot. Voici un résumé de notre entretien.
Pour commencer, peux-tu nous parler de ce qui t’a amené à écrire? d’où vient ton désir d’écriture?

J’écris depuis l’âge de 13 ou 14 ans. Au début, c’était surtout pour donner vie à mon imagination, créer des univers. Mais rapidement, j’ai ressenti le besoin de raconter des expériences personnelles, de partager ce que j’avais vécu et ressenti. Mon intention est de montrer la réalité telle qu’elle est, sans la transformer, en exposant aussi les aspects plus difficiles de la vie.
Comment décrirais-tu ton style littéraire?
Mon écriture ressemble davantage à un journal intime, composé de moments précis de ma vie. Ce sont des fragments qui, ensemble, brossent un portrait global de mon parcours.
Y a-t-il des auteurs qui t’ont particulièrement influencé?
Oui, Samuel Champagne, un auteur trans qui a raconté son propre parcours dans un livre intitulé Trans, publié aux Éditions de Mortagne. Il m’a beaucoup inspiré. Son témoignage m’a marqué et m’a donné envie d’écrire à mon tour. J’ai même pris contact avec lui pour lui demander la permission de le mentionner dans mon livre, et il a accepté.
As-tu déjà publié des œuvres?
Oui, j’ai publié un premier livre intitulé Le Droit à la chrysalide. C’est un récit dans lequel je partage mon vécu et mes ressentis. Je n’y aborde pas uniquement les aspects positifs, mais aussi l’envers de la médaille. Je travaille actuellement sur un deuxième ouvrage, dont la sortie est prévue pour la f in de l’été. Mes textes ne s’inscrivent pas dans une trame narrative continue : ce ne sont pas des romans, mais des témoignages entièrement authentiques.
À qui s’adresse ton livre ?
Au départ, je visais surtout les adolescents, pour les sensibiliser à certaines réalités, notamment liées à l’identité et à la transition de genre. Je veux déconstruire les préjugés et montrer qu’une personne en transition reste la même. J’utilise donc un langage simple et accessible. Mais finalement, toute personne intéressée peut s’y reconnaître, tant qu’elle a la maturité nécessaire pour comprendre certains enjeux.
Comment se déroule ton processus de création?
Je prends beaucoup de notes avant de commencer à écrire. J’ai toujours un cahier avec moi pour noter des idées ou des moments importants. Ensuite, je planifie mes chapitres en identifiant les thèmes que je veux aborder. Ça m’aide à ne rien oublier. J’ai déjà vécu le syndrome de la page blanche, ce qui explique pourquoi mon premier livre m’a pris cinq ans. Quand ça bloque, je lis, je prends des marches et je laisse venir l’inspiration.
Tu es aussi aux études en éducation à l’enfance. Qu’est-ce que cette formation t’apporte?
Elle m’a permis de mieux comprendre le développement des enfants, leur façon de penser et leurs réalités. J’ai appris à être plus patient et à mieux comprendre les différences individuelles. Ça m’aide aussi à prendre du recul et à réfléchir avant de réagir.
Quels sont tes projets ou ton plus grand rêve?
Mon premier rêve était de publier un livre, et je l’ai réalisé. Maintenant, j’aimerais vivre de mon écriture. J’aimerais aussi ouvrir un café littéraire, un endroit où les auteurs émergents pourraient se faire connaître, avec des activités comme des lancements ou des ateliers d’écriture.
En conclusion, voici la dédicace de son livre écrite par Jadyen : Je dédie ce livre à toutes ces âmes qui pensent aux autres avant de penser à elles-mêmes. À toutes ces personnes qui portent un masque et qui sont terrifiées à l’idée de l’enlever par peur d’être jugées pour ce qu’elles sont ou ce qu’elles voudraient être. N’oublions jamais qu’un sourire n’égale pas toujours la joie.
Pour se procurer son livre : https://a.co/d/06Rvi3qF

