Mai 2005 – Je viens tout juste de terminer mon baccalauréat en service social. Je cherche du travail, et mon ancienne superviseure de stage m’envoie l’offre d’emploi de responsable d’un journal communautaire dans Ascot en m’encourageant à postuler. Je ne connais pas grand-chose à l’univers des médias écrits mais je me lance.
Juin 2005 – Mon entrée en fonction débute lors de l’assemblée générale du mois de juin de la table de concertation Ascot en santé qui prépare cette initiative du journal depuis des mois. Lorsque la première parution du journal est annoncée pour septembre, je sens la fébrilité des personnes présentes, mais je sens aussi ma pression monter. Comment vais-je pouvoir bâtir ce journal en étant l’unique employée, en à peine quelques semaines? Lorsqu’on demande des volontaires pour envoyer un article pour le premier numéro, plusieurs mains se lèvent. Ouf! Je suis impressionnée et rassurée.
Par la suite, je me lance dans les multiples préparatifs en vitesse accélérée : formation express de mise en page, contact avec les bénévoles, récolte d’articles, choix des thématiques, consultations pour le choix de nom du journal, recherche de publicité auprès des commerces du quartier, rencontres avec la graphiste bénévole et l’imprimeur, délimitation du territoire d’Ascot en fonction des codes postaux de Postes Canada, etc. On s’inspire du journal l’Info de St-Élie d’Orford dont l’équipe me prodigue de généreux conseils.
Le 1er septembre, nous tenons une conférence de presse pour lancer officiellement le journal. Coordonner un journal communautaire publié mensuellement est un feu roulant : collecter les articles, faire la mise en page, réviser les textes, rechercher des publicités. Lorsque le numéro est prêt : aller porter le journal (alors sur une clé USB) à l’imprimeur, aller chercher les 3 500 copies et les faire plier en deux par des bénévoles, dont des jeunes de l’école du Phare ou de la maison des jeunes le Flash, pour permettre que le journal soit distribué en dehors des publisacs, remplir de nouveau ma voiture des caisses de journaux pour les apporter chez Postes Canada, envoyer les copies aux abonnés et aux points de dépôt. Parallèlement à tout cela, nous avons adhéré à l’Association des médias écrits communautaires du Québec, incorporé le journal en organisme sans but lucratif et formé un conseil d’administration, recherché du financement pour assurer sa pérennité et organiser des activités de financement (dont une fameuse soirée country un samedi soir, jour de ma fête, à vendre des bières). Toutes ces actions auraient été impossibles sans l’implication de nombreuses personnes bénévoles ainsi que le précieux engagement des membres d’Ascot en santé dont Jean-François Roos du CLSC, André Lamarche et feu François Riopel de l’école du Phare, Daniel Croteau de la Paroisse Précieux-Sang, etc.
20 ans plus tard, je suis ravie de constater que le journal est toujours actif et même en ligne. Je félicite toutes les personnes qui se sont investies au fil des années et qui auront permis de le maintenir bien vivant.

