Au sein des maisons de jeunes, et plus particulièrement au Flash dans le cadre de cet article, nous avons le privilège, en tant qu’animateurs et animatrices et intervenants et intervenantes, d’être en contact direct avec les adolescents et adolescentes. Cette proximité nous offre un regard authentique sur leur réalité quotidienne ainsi que sur les enjeux de santé mentale que les jeunes peuvent traverser. Pour celles et ceux qui n’ont pas la chance de les entendre directement, voici ce qui nous a été rapporté.
« On dirait que l’anxiété est présente chez tout le monde maintenant, c’est rendu normal d’en faire. »
« C’est difficile d’en parler, je n’ai pas l’impression que les adultes me comprennent. »
« Je pense qu’à notre époque, on a plus de ressources pour avoir de l’aide, mais on a aussi plus de choses qui nous mettent à risque de développer un problème de santé mentale. »
« J’ai l’impression que les parents sont fermés ou maladroits quand on leur en parle parce qu’eux, à notre âge, ils devaient tout garder en dedans. »
« L’intimidation c’est dur sur la santé mentale, et tu peux te faire intimider pour n’importe quoi. »
Pour terminer, voici un poème de Zackary Demers-Paquet.
Je me lève de ma tombe,
Ma chambre toute sombre,
Je n’ai pas « il faut manger » dans mes songes,
La vérité me ronge – celle d’être malade.
Je suis un peu gonflé de ne pas l’accepter,
Les vers me mangent les yeux,
Je suis aveugle – je ne veux pas t’écouter,
Comment ça, ça fait partie du marché?
Personne s’écoute – l’important c’est d’être beau,
Laver ses mains dans le lavabo,
Rempli d’antidépresseur,
Bizarre – les vers disparaissent,
Je les aimais presque.
C’est pas réconfortant de devenir grand,
D’avoir bientôt 20 ans,
Dans 2 ans…
On est plusieurs – du moins beaucoup,
À laisser les vers rentrer en nous,
Nous bouffer le cerveau.
Soyez là pour les autres,
Quittez votre prison,
Le compteur revient à Zéro.

