J’aimerais attirer votre attention sur la santé mentale des personnes racisées. La santé mentale est importante pour tout le monde. Une bonne santé procure un état de bien-être et nous permet de réaliser notre plein potentiel et de faire face aux aléas de la vie. Les études démontrent que ces groupes marginalisés sont sous-représentés quant à l’accès aux soins. Pourtant, cela ne veut pas dire que les communautés noires ne souffrent pas.
Leur santé se trouve affectée, voire dégradée par le racisme institutionnel qui instaure un sentiment de méfiance vis-à-vis des institutions. Des facteurs chroniques et persistants tels que le stress et la fatigue grignotent leur santé. On associe à la normalité le fait que les personnes noires soient malades. Pouvez-vous imaginer le double fardeau de la charge mentale de ces personnes? Pourtant, nommer cette charge mentale raciale, c’est déjà agir. La santé mentale, parlons-en.
Tout d’abord, plusieurs études et recherches sur les personnes racisées démontrent que la majorité d’entre elles ne connaît pas les principaux services en santé mentale. Certaines d’entre elles n’osent pas demander de l’aide. C’est ce qu’on appelle la stigmatisation culturelle. Peu de programmes psychiatriques sont adaptés. De plus, ces groupes n’interviennent presque pas dans l’amélioration de ces programmes par manque de représentation. En effet, il est difficile de tisser un lien de confiance avec le personnel professionnel qui n’est pas sensibilisé à ces réalités. Pour résorber ce phénomène, ces professionnels et professionnelles de la santé devraient mieux se former à l’approche ethnopsychiatrique. Ils offriraient une prise en charge en tenant compte des différences culturelles qui leur permettrait de fournir des soins cliniques compétents. Le personnel clinique serait en mesure de développer un leadership qui s’oppose au racisme.
De plus, se concentrer sur sa santé mentale peut être un privilège pour certaines personnes. Souvent, les membres de ces communautés se retrouvent avec une ou plusieurs médication. Ils n’arrivent pas à identifier quels sont les symptômes de leur état de santé, les fragilisant encore plus. La recherche en santé mentale se doit d’être plus inclusive, responsable et pertinente afin d’en faire la promotion et d’adopter des stratégies innovatrices.
Préconiser une recherche respectueuse culturellement adéquate, équitable et inclusive viendra briser les tabous reliés à l’accès aux soins de santé. Les problèmes de santé mentale existent dans les communautés noires, et il est possible d’avoir du soutien gratuit.
Pour conclure, ce ne sont pas seulement les personnes diagnostiquées qui peuvent demander de l’aide. Trouver un groupe de soutien est une excellente idée et fera du bien aux personnes qui se sentent concernées par ces enjeux. L’objectif étant de s’entourer de gens positifs. Bref, prendre soin de sa santé mentale, c’est se donner la priorité. La voix des personnes racisées compte, leur santé mentale en dépend et c’est le temps de prendre les devants en tant que société et de changer les choses.
Références :
www.fiches-ide.fr/ethnopsychiatrie
Commission de la santé mentale du Canada, Braquer la lumière sur la santé mentale dans les communautés noires
Marie-Hélène Chomienne, Les enjeux de santé pour la communauté noire au Canada

