Je vous ai souvent parlé de ma grand-mère. Cependant, je ne vous ai encore jamais dit que, chez elle, ça sentait la soupe. Toujours. Une odeur divine de potage. Tous les jours de sa vie, le midi, elle mangeait de la soupe. Notre préférée, c’était la verte. Oui, oui, la verte! Parce que chez elle, il y avait au quotidien deux sortes de soupe. Du printemps jusqu’aux gels, il y avait la verte, et la rouge était servie tout l’hiver. Oh!, bien entendu, pour les occasions et les fêtes, il y en avait d’autres : potage cressy, crème de carottes ou même de laitue! Mais la soupe verte, elle était bonne. C’était à quoi me demanderez-vous? Eh bien!… aux restes du jardin. Ortie, pourpier, oseille, épinards, poireaux, livèche, patates, oignons… tout y passait selon la saison. C’était une soupe riche, crémeuse de pommes de terre, parfois au bouillon, parfois au lait, souvent au beurre.
En cette saison des récoltes, je vous propose de faire le plein d’économies et de manger de saison. Trouvez-vous un sac ou un plat qui peut entrer dans votre congélateur. Ajoutez-y au fil de la semaine les retailles et les pelures de vos légumes propres : pelures de patates, premières feuilles de chou, partie verte du poireau, laitue flétrie, feuilles et tiges de brocoli, feuilles de chou-fleur, le fond du bac d’épinards – ce que vous avez. Pour les cuisiner, ajoutez-y du goût : de l’ail, un oignon rissolé à la poêle, un peu de sel, un peu de bouillon. Dans votre casserole, vos légumes doivent être à peine recouverts d’eau ou de bouillon. Puis, faites mijoter le tout jusqu’à ce que tout soit mou. On passe le résultat au pied-mélangeur, au mélangeur ou au Vitamix. Trop épaisse? Ajustez-la avec du lait. Trop liquide? Une croûte de pain, des légumineuses en conserve ou du riz cuit feront l’affaire pour l’épaissir. Il suffit d’ajouter ce que vous avez et de repasser le pied-mélangeur.
Un potage aux retailles de légumes, ça ne sauvera pas la planète. Ce n’est pas un miracle contre le gaspillage. Ce n’est pas non plus un moyen génial et novateur de contrer l’insécurité alimentaire. C’est juste bon, réconfortant, pratique. C’est un truc de ma grand-mère qui aimait la soupe.
Et si ça vous donne envie au passage de cuisiner d’autres sortes de soupes et que vous aimeriez les cuisiner en groupe, avec des petits plus qui arrivent d’un vrai jardin local, vous pouvez vous informer au Blé d’Or. La cuisine collective, ça, c’est un moyen génial pour contrer l’insécurité alimentaire. Qui, en plus, fait de l’excellente soupe, mais aussi de la sauce à spaghetti, du pain de viande, des carrés aux dattes, de la salade, du cari, du chili, des biscuits et au moins 294 autres recettes.

