Un récent article paru dans le magazine Géo démontre qu’il y a 11000 ans, des humains préhistoriques ont parcouru une distance incroyable, sans route, à travers la forêt et les montagnes, en transportant des sangliers et tout cela pour… participer à un banquet. Un festin qui a rassemblé plusieurs tribus et qui a demandé une longue planification.
Les Romains, eux, sont connus à travers l’histoire pour leurs banquets. La monarchie française est reconnue pour ses festins. Même la Bible utilise la nourriture comme symbole.
La nourriture rassemble et réconforte
De tout temps, donc, la nourriture a été un moment de rassemblement, une colle collective. En plus d’être sociale, la nourriture est profondément émotive, un vecteur de transmission de valeurs et de savoir-faire. Il suffit de penser aux recettes de Noël, aux sandwichs pas de croûte des funérailles, aux gâteaux d’anniversaire de notre enfance.
La nourriture est aussi notre premier réconfort, profondément ancré en nous. On se remonte le moral avec un morceau de chocolat, on se fait plaisir avec un bon repas.
Actuellement, symbole de notre temps, ces bons repas sont moins présents, faute d’argent. La fréquentation des restaurants diminue. De plus en plus, on survit en mangeant des plats de débrouillardise, des menus autrefois réservés aux étudiants et étudiantes en fin de session : ramens instantanés, riz au thon, crêpes à l’eau, nouilles au ketchup.
Malheureusement, cette nourriture moins riche en nutriments n’a pas que des effets sur notre santé physique. Notre santé mentale dépérit aussi. Non seulement le cerveau n’a pas tout ce qu’il lui faut pour se réguler, mais notre besoin social n’est pas comblé. Je ne connais personne qui va se rassembler dans le plaisir autour d’un plat de nouilles au ketchup. On n’invite pas la voisine, grand-maman ou les amis à manger des sandwichs à la moutarde. Alors chacun reste chez soi.
Novembre est un mois de grisaille, de déprime saisonnière et de perte de luminosité. Le climat politique et économique actuel, en partie à cause de nos voisins du sud, est aussi peu joyeux.
Je vous invite donc à faire de la soupe touski de groupe. Un peu comme le conte de la soupe aux cailloux. C’est une jolie histoire où personne n’avait à manger, jusqu’à ce que quelqu’un de futé arrive avec un chaudron et que tout le monde jette un ingrédient dans la marmite jusqu’à obtenir de la soupe. C’est une fable qui démontre que collectivement, on peut répondre aux besoins de tous et toutes. Collectivement, ça peut vouloir dire entre amis, en famille, dans un même bloc d’appartements ou en tant que société.

