Je m’appelle Pierre, j’ai 68 ans, et ma vie tourne autour d’un mot : famille. Mon fils unique, Jean-Christophe, a deux filles magnifiques, âgées de 7 et 11 ans. Mes petites-filles sont mon soleil. Je les ai vues grandir, je les ai bercées, gardées, consolées.
J’ai été là, toujours là — dans les moments tendres comme dans les imprévus.
J’ai donné ce que j’avais : du temps, de l’argent, des cadeaux, de la présence. Pas par obligation. Par amour! Parce que pour moi, être père et grand-père, ce n’est pas un rôle, c’est une vocation. Une manière de dire : je suis là, quoi qu’il arrive.
Justement, c’était la rentrée scolaire et Jean-Christophe m’a demandé de l’argent pour payer une partie des vêtements des petites. Je lui ai dit oui, mais j’avoue que je commence à le regretter. J’ai de grosses dépenses qui s’en viennent pour la maison et mes revenus ne sont plus les mêmes; je suis à la retraite depuis environ un an. Je m’en suis toujours bien sorti financièrement mais là, ça commence à être pas mal serré, surtout quand je lui donne de l’argent. Je l’ai toujours fait, alors je pensais que ça serait facile de continuer, mais je ne peux plus et je crains la réaction de mon fils. Je crains qu’il pense que je ne suis plus présent pour eux et que je les aime moins. Je ne sais pas quoi faire pour me sortir de ça. Je pige trop dans mes épargnes et ça commence à me stresser beaucoup. Des fois j’ai même de la misère à m’endormir, tellement ça m’envahit.
Ma voisine m’a parlé de l’organisme DIRA-Estrie. Je les ai appelés et j’ai obtenu un suivi avec une intervenante. Elle m’a demandé si j’avais validé ma perception avec mon fils; à savoir s’il pense que je ne suis plus là pour eux. Elle m’a expliqué que parfois on a une perception de la situation qui peut nous amener à interpréter les pensées et les réactions de l’autre. Elle a dit aussi que pour comprendre la perception de mon fils, il faut le consulter. On ne peut pas deviner ce que l’autre pense, même si on le connait bien.
C’est vrai que je ne lui avais jamais partagé ce que je vivais par rapport à l’argent et ce que je ressentais… L’intervenante m’a aidé à trouver les bons mots pour le lui dire et j’ai fini par parler à mon fils. J’ai été surpris et ça m’a fait du bien; j’ai compris qu’il ne voyait pas ça du tout de la même façon. Pour lui, puisque j’avais toujours fait ça et que c’était dans mes valeurs, il pensait que ça me faisait sentir valorisé et plus impliqué dans la vie des filles. Il m’a même proposé de me rembourser pour les vêtements de la rentrée scolaire. Notre discussion m’a soulagé et mon stress a beaucoup diminué. Après tout, le cœur d’un grand-père se situe entre l’amour inconditionnel et le devoir silencieux.
Vous vivez ou croyez vivre une situation de maltraitance?
Contactez-nous!
www.dira-estrie.org ou 819 346-0679.
Service gratuit et confidentiel.

