J’ai grandi au centre-ville de Sherbrooke, tout près de l’ancien poste de police. À cette époque, la secrétaire était la grande amie de ma mère, que je visitais pour avoir des bonbons. Mais le plus important c’est que je côtoyais des agents de police que je trouvais amicaux et rassurants. Par la suite, j’ai conservé une image très positive de cette profession.
Aujourd’hui, j’aimerais partager avec vous un peu de mon sentiment de fierté envers nos policiers en vous présentant l’Équipe mobile d’intervention psychosociale de Sherbrooke, dont les initiales EMIP sont apposées en sigle sur un brassard à leur épaule.
En 2016, un projet pilote d’un an mettait en place l’ÉMIP sur le territoire de la ville de Sherbrooke. Un rapport publié en 2018 portant sur l’évaluation de son implantation et ses effets a été produit par l’Institut universitaire de première ligne en santé et services sociaux (IUPLSSS) du CIUSSS de l’Estrie–CHUS. Cette recherche, dirigée par la professeure Marjolaine Landry, à titre de chercheuse principale, a mis en évidence des effets très positifs de l’ÉMIP, laquelle est toujours en fonction aujourd’hui. Le rapport de recherche est disponible en ligne : https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3548158?docref=6XbZgJCLeKhxEiEKXEO9bw
Cette équipe est formée de cinq agents et agentes qui travaillent trente-six heures et demie par semaine. Elle est supervisée par un sergent qui relève d’un capitaine. Trois travailleuses sociales les accompagnent cinq soirs par semaine grâce à une collaboration entre le Service de police et Sherbrooke et le CIUSSS de l’Estrie-CHUS.
L’EMIP répond aux appels psychosociaux et les intervenantes offrent un soutien spécialisé lors d’interventions auprès de personnes vivant un problème de santé mentale, de crise suicidaire ou autres situations semblables. Il faut comprendre que les personnes en difficulté sont protégées par la Loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui. Cette loi régit l’action des intervenants lorsqu’ils doivent hospitaliser l’individu contre son gré. Les travailleuses sociales faisant partie d’un service d’aide aux personnes en situation de crise sont les seules à pouvoir appliquer cette procédure à la suite d’ une évaluation. D’où l’idée de rapprocher la décision de l’action en intégrant les intervenantes dans les équipes d’intervention.
Le projet existait déjà à Montréal, sans l’accompagnement direct des travailleurs sociaux. Depuis, les villes de Gatineau, Longueuil, et d’autres encore, adoptent davantage cette façon de faire.
Lors des premières années, l’EMIP offrait des formations à plusieurs organismes. L’an dernier, elle a participé au Consensus en santé mentale pour présenter leur service et leur clientèle. Aujourd’hui, des représentations sont faites en techniques policières et en travail social au Cégep de Sherbrooke, au bac et aux doctorants à l’Université de Sherbrooke. Le service de police de la Ville de Sherbrooke offre d’autres services essentiels à notre bien-être commun. Je vous propose le mémoire La réalité policière au Québec. Ce document de réflexion municipale est des plus inspirants. Voici le lien : https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/securite-publique/publications-adm/publications-secteurs/police/rapports/RAP_realite_policiere.pdf
Je souhaite à toute l’équipe une bonne continuation !

