Plusieurs personnes ayant vécu ou subi le système de santé mentale québécois pourraient témoigner de l’importance des ressources communautaires de soutien, comme La Cordée, ressource alternative en santé mentale. Cet organisme insuffle de l’espoir à ses membres et contribue à redonner de la force à ceux et celles qui pensent que tout s’est effondré à jamais dans leurs vies.
La Cordée vise, grâce à son équipe d’intervention, de coordination et de direction, à permettre à ses membres de se mettre en action. Elle favorise toujours l’apport et l’implication de ses membres. L’objectif est qu’ils puissent, en égalité avec tous les citoyens, développer et maintenir une santé globale. Cette santé englobe différents aspects de la santé, et non seulement la sphère mentale. Elle doit être véritablement satisfaisante du point de vue des membres eux- mêmes et leur permettre de retrouver leur pouvoir d’agir et leur dignité.
Les valeurs de La Cordée sont :
- ouverture
- entraide
- créativité
- respect
- plaisir
La vocation alternative de La Cordée implique qu’elle s’attarde à poser un regard différent sur les personnes confrontées à des enjeux de santé mentale, c’est-à-dire principalement, de mon point de vue :
- travailler à briser les préjugés de la société;
- ne pas s’attarder au diagnostic de la personne, ni à vouloir à tout prix mettre en pratique les façons traditionnelles de la psychiatrie;
- faire tomber le mur de division entre ces personnes et les personnes qui ne se considèrent pas comme vivant ou ayant vécu des problèmes de santé mentale.
Les personnes membres, soit celles que La Cordée accompagne en priorité dans ses services, proviennent de tous horizons sociaux, économiques, culturels, académiques, etc. Ce qui les unit, de ce que j’ai constaté, c’est un vécu avec la psychiatrie traditionnelle, une volonté de trouver de la chaleur humaine et de la bienveillance en plus d’une volonté de participer à une ou plusieurs des activités offertes.
Je m’appelle Emilie Lebrun. Je suis membre de La Cordée depuis novembre 2024. J’ai vécu à de nombreuses reprises des hospitalisations que j’appelle également des internements en psychiatrie tellement ces séjours comportaient des traitements barbares. Je suis une militante proactive, depuis 2022 plus particulièrement, afin que la science psychiatrique revoie ses façons de faire (méthodes d’évaluation et de traitements incluses). De mon point de vue, ces dernières sont beaucoup trop arbitraires et subjectives. Elles peuvent porter atteinte à l’intégrité des personnes et être aberrantes par rapport à la visée soutenue par le personnel soignant d’aider les personnes aux prises avec des troubles mentaux. Je parle par expérience significative (personnelle et professionnelle) d’au moins 15 années. Malgré mes aléas avec la psychiatrie, je suis retournée sur le marché du travail, j’ai obtenu mon baccalauréat en biologie en 2014, j’ai été certifiée pair aidante en 2015 et j’ai travaillé à ce titre de façon rémunérée pendant quelques années. D’autres accomplissements dans mon parcours ont déjà contribué à me réaliser en tant que personne à part entière malgré mon passé psychiatrique. Je lutterai toujours en ce sens, sans que personne ne puisse m’en décourager totalement.
Je m’implique à La Cordée en tant que membre afin de bénéficier de leurs services, soit principalement pour briser mon isolement et ajouter une corde à mon arc dans ma contribution à faire changer les choses dans le domaine de la santé mentale au Québec.


