C’est dans la joie et la communion que la communauté musulmane de l’Estrie a célébré la fête de Tabaski ou Aïd el-Adha ce vendredi 6 juin 2025. C’est l’une des fêtes les plus importantes de l’islam. La fête de Tabaski rappelle l’acte de foi du prophète Ibrahim, qui accepta de sacrifier son fils en obéissance à Dieu, avant que ce dernier ne substitue un mouton à l’enfant. Cet événement, fondamental dans l’islam, le christianisme et le judaïsme, est marqué par des prières matinales en communauté, suivies du sacrifice rituel d’un animal, tel qu’un mouton, une chèvre ou un bœuf.
Lors de la séance du conseil municipal de Sherbrooke du 6 mai 2025, plusieurs membres des communautés chrétienne et musulmane ont dénoncé l’interdiction des événements et activités religieuses au Centre de foires de Sherbrooke. C’est près d’une douzaine de citoyens et citoyennes qui ont pris la parole pour exprimer leur désaccord face à cette décision votée récemment. Le pasteur Samuel Vauvert Dansokho, de l’Église unie Plymouth-Trinity, a notamment déclaré : «Je ne reconnais pas mon Sherbrooke… » Un autre intervenant Amine Mehnadi a ajouté : « À Sherbrooke, on n’interdit pas. À Sherbrooke, on accueille…», Et il a demandé où était l’urgence d’adopter cette loi. La Ville a expliqué que cette interdiction est liée à la transformation du Centre de foires, qui est passé sous gestion municipale après la dissolution de Destination Sherbrooke, une ancienne entité paramunicipale.
Toutefois, plusieurs citoyens et citoyennes ont insisté sur l’impact de cette mesure, soulignant la privation de la communauté musulmane d’un lieu essentiel pour célébrer des fêtes majeures telles que l’Aïd al-Adha, souvent comparée à Noël pour les enfants. Des intervenants ont également détaillé le déroulement de ces événements, rappelant que la prière ne dure que 15 minutes maximum, suivie de six à sept heures d’activités et de jeux pour les enfants. Un autre point clé concerne la capacité d’accueil : selon Mouhamed Kouna, les deux mosquées de Sherbrooke sont trop petites pour accueillir les plus de 9 000 fidèles estimés. Le Centre de foires était donc une alternative essentielle pour éviter une congestion dans les quartiers lors des moments de prière. Enfin, certains intervenants ont plaidé pour une révision de cette interdiction, à l’image de Mohamed Soulami, qui a rappelé qu’aucune loi n’oblige la Ville à interdire ces rassemblements1.
Suite à quelques jours d’intenses travaux de réflexion entre la Ville et les représentants de la communauté, les élus de la Ville de Sherbrooke ont une fois de plus démontré que Sherbrooke est une ville inclusive et une destination interculturelle. Une décision rendue par la Ville autorisa, cette fois-ci, les musulmans à célébrer leur fête au Centre de foires2. C’est ainsi qu’a eu lieu le 6 juin 2025 la fête de l’Aïd al-Adha dans deux endroits différents, qui sont : la mosquée A’Rahmane et le Centre de foires. Cette initiative a permis à la communauté musulmane de bien célébrer l’Aïd al-Adha dans la sécurité, sans déranger le voisinage autour des mosquées, et évitant une congestion de véhicules autour des habitations. La Ville de Sherbrooke a pu démontrer une nouvelle fois qu’elle est championne de la diversité et du vivre ensemble.
1. Conseil municipal de Sherbrooke en date du 06 Mai 2025.
2 .Page Facebook de Mosquée A’Rahmane, publication du 21 mai 2025.

