Le Baobab café de quartier a présenté, le 13 mai dernier, trois courts récits vidéo de personnes immigrantes au Québec.
Le café de quartier a lancé il y a un an le projet Cohabiter dans la diversité. Ça a commencé par des ateliers de slam offerts par L’être persane. Puis, certains participants ont partagé leur art dans un spectacle de slam.
Catherine Larouche, directrice du café Baobab, explique que l’objectif du projet est de « faire connaître les réalités des personnes immigrantes en lien avec le logement ». Ces réalités incluent les difficultés dans la recherche de logement, celles de voisinage et celles d’intégration. Le projet met aussi en lumière « les enjeux vécus par les propriétaires et gestionnaires de logements communautaires dans l’accueil des personnes immigrantes », souligne Mme Larouche.
Dans les trois capsules présentées le 13 mai dernier, Marie-Claire, Arsène et Vanessa ont exposé avec humour les enjeux de cohabitation qu’il et elles ont vécus.
Marie-Claire Akamendo-Bita, originaire du Cameroun, est chargée de projet pour Cohabiter dans la diversité. Elle a beaucoup d’anecdotes de cohabitation à raconter. Par exemple, « ce locataire qui va en vacances en hiver et qui ferme le chauffage. À votre avis, qu’est-ce qui s’est passé? Les tuyaux ont pété. Il ne savait pas qu’il fallait maintenir l’eau liquide dans les tuyaux. », raconte Mme Akamendo. Elle fait valoir que le locataire n’avait pas de mauvaises intentions et qu’il voulait simplement économiser sur l’électricité.
Les vidéos, diffusées sur la page Facebook du café Baobab (facebook.com/BaobabCafeDeQuartier/), contiennent plusieurs anecdotes dans le genre.
Après la présentation de la capsule d’Arsène, Marie-Claire a souhaité ajouter du contexte. Arsène travaillait pour Greenpeace au Congo et est arrivé à Montréal pour éviter les menaces de mort qu’il recevait dans son pays. « Quand il est arrivé, il y avait un [refuge pour personnes en situation d’itinérance] pour dormir la nuit, il fallait arriver à 19 h. Si tu n’es pas là à 19 h, tu ne trouves pas de lit. Et puis, il était en retard tout le temps. Il s’est retrouvé dans la rue », explique Mme Akamendo. Heureusement, « une dame l’a vu errer et lui a offert de l’accueillir. Et c’est comme ça qu’il s’est retrouvé dans une famille [à Waterville] », ajoute-t-elle.
Entre deux capsules, les personnes présentes ont pu discuter des éléments qui facilitent la bonne cohabitation dans la diversité. Des gens dans le public ont nommé que les personnes immigrantes et les personnes québécoises avaient avantage à être ouvertes aux autres. De plus, avoir de l’entregent peut être très utile pour apprendre les codes d’une nouvelle culture.
Il a aussi été nommé qu’une langue commune est avantageuse pour communiquer plus facilement. Avoir un proche déjà présent dans la communauté d’accueil peut également aider à s’intégrer rapidement. Marie-Claire, en arrivant au Québec, avait ces deux avantages. Elle avait vécu quelques années en France et rejoignait son mari, installé depuis deux ans à Sherbrooke.
L’événement s’est terminé avec une discussion sur les solutions à mettre en place pour faciliter la cohabitation harmonieuse. À l’échelle d’un quartier, Arsène suggère d’organiser des moments d’accueil des nouveaux arrivants, immigrants ou non. Une autre personne a nommé la pertinence des tables de quartier pour briser l’isolement social des personnes immigrantes. Des activités artistiques, comme celles offertes au café Baobab, peuvent aider le rapprochement interculturel, selon une personne du public.
Une autre personne a suggéré que le parrainage pouvait être moins intimidant, pour certains, que les activités interculturelles en grands groupes. Quelqu’un a ajouté que le programme de jumelage du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration mériterait d’être élargi à plus d’organismes aux missions variées. Elle a suggéré que le Service d’aide aux Néo-Canadiens manquait possiblement de bénévoles du Québec pour accueillir les personnes immigrantes parce que « les Québécois natifs, ce ne sont pas eux qui vont chercher des services là ».
Les capsules ont été réalisées par Jean-Sébastien Dutil, documentariste depuis dix ans. Il explique que le choix de lieu n’est pas anodin. « Les trois sont sur un fauteuil ou sur un divan dans leur salon. C’était vraiment ça que je voulais qu’on sente, leur chez-eux », souligne le réalisateur. M. Dutil a également réalisé un court-métrage qui sortira bientôt sur tou.tv intitulé P’tit Bouddha. Le film a reçu plusieurs prix, dont celui du meilleur court-métrage estrien au Festival cinéma du monde de Sherbrooke. Il raconte l’histoire d’une personne à risque de tomber en situation d’itinérance. Il a également réalisé le documentaire Le bien-être, disponible sur tou.tv, qui suit le parcours de personnes prestataires d’aide sociale.

