Être inclusif, ça demande de s’instruire sur comment inclure les gens, ce qui exige surtout de savoir identifier comment la situation de vulnérabilité ou de précarité d’une personne peut l’empêcher de prendre sa juste place (dans une situation spécifique ou dans notre quartier en général) et ce, même si on la lui offre. Admettre que cette situation est courante nous permet ensuite de mieux reconnaître comment le colonialisme ou le patriarcat et nos propres privilèges façonnent nos rapports et nous aliènent toutes (mais pas avec le même niveau d’oppression!) et qu’il est dans notre intérêt d’agir autrement.
En raison de cela, je dirais que : un quartier inclusif, accueillant et vivant, ça en est un où l’on fait preuve de curiosité bienveillante envers l’autre. Où l’on s’intéresse au vécu des gens pour mieux comprendre leur situation et répondre à des besoins collectifs. Où l’on met du sel à terre, où l’on pellette pour nos voisins âgés; où l’on s’assure que nos voisins migrants ont des conditions de travail acceptables et on les informe des recours à leur disposition (et on leur offre de les accompagner) en cas de besoin; où la famille qui a une piscine en invite d’autres pendant la canicule; où l’on partage davantage nos outils, nos compétences, nos connaissances pour le bien-être de celles et ceux qui nous entourent, car ça nous donne une occasion pour se connaître davantage.
Mais voulons-nous, ou même, pouvons-nous dans un monde capitaliste où la majorité est trop occupée à survivre, mettre le temps qu’il faut pour la construction de quartiers comme cela? Sommes-nous prêts à déconstruire notre rapport avec notre travail et la primauté de la famille nucléaire afin de se donner le temps d’être là pour d’autre monde? Pour un quartier comme cela, à un moment donné, il va falloir qu’on se parle. Veut-on se parler?

