Malgré des efforts pour sensibiliser la population et soutenir les personnes en détresse, encore aujourd’hui, le suicide demeure un sujet tabou. Au Québec, trois personnes s’enlèvent la vie chaque jour. Il s’agit d’un sujet parfois difficile à aborder puisqu’il amène son lot de questionnements et d’incompréhension. Sans même nous en rendre compte, nous véhiculons parfois des mythes au sujet du suicide, qui nous amènent à interpréter certains signes et à intervenir différemment auprès des personnes suicidaires. Nous en avons retenu quelques-uns et nous vous invitons à y réfléchir avec nous.
Les personnes suicidaires sont-elles formellement décidées à mourir?
La souffrance qui perdure entraîne chez la personne un sentiment de désespoir et d’impasse face à sa situation. En réalité, la personne suicidaire veut cesser de souffrir et non mourir. Elle est ambivalente quant à son désir de vivre et son impossibilité à continuer de souffrir.
Faut-il être lâche ou courageux pour se suicider?
Quand on pense au courage et à la lâcheté, on pense en termes de choix et l’on projette notre propre conception du suicide sur l’autre.
Or, une personne ne se suicide pas par choix, mais par manque de choix. La personne suicidaire n’y voit là ni courage, ni lâcheté. Sa vie lui est insupportable. Elle a atteint sa limite de tolérance face à sa souffrance et elle ne voit plus d’autres façons d’arrêter de souffrir.
Les personnes qui parlent de se suicider
veulent-elles attirer l’attention ou manipuler?
Il faut toujours prendre les verbalisations suicidaires au sérieux. Elles sont des appels à l’aide. On doit aussi faire attention aux verbalisations répétées et à celles qui s’étendent sur une longue période. La répétition du message peut avoir l’effet de l’homme qui criait au loup, c’est-à-dire de désensibiliser l’entourage face à l’importance de la situation.
Parler du suicide encourage-t-il
le passage à l’acte?
Le suicide est un sujet dérangeant, dont on parle difficilement. Pourtant, c’est en parlant du suicide que l’on peut démystifier ce sujet et parvenir à aider une personne suicidaire. Demander directement si une personne songe au suicide, ce n’est pas lui suggérer l’idée, mais lui ouvrir la porte à l’expression de sa souffrance. Parler du suicide, oui, mais pas n’importe comment! On doit éviter de banaliser le sujet, de mettre au défi une personne de se suicider ou de louanger quelqu’un qui s’est suicidé en qualifiant son geste d’héroïque. Il est important de retenir que nous pouvons tous et toutes jouer un rôle en prévention du suicide. Il suffit de tendre la main et d’accompagner la personne en détresse vers des ressources qui pourront la soutenir dans ce qu’elle vit.
JEVI Centre de prévention du suicide – Estrie est un organisme communautaire qui offre des services en prévention du suicide auprès des personnes de tous âges, dans sept des neuf MRC de l’Estrie. Tous les services d’intervention sont gratuits. Ils sont offerts en face à face, auprès des personnes suicidaires, des proches de personnes suicidaires et des personnes endeuillées par le suicide. Il suffit de nous contacter au 819 564-1354 pour en faire la demande. Nous offrons aussi du soutien aux professionnels et professionnelles œuvrant auprès des personnes suicidaires.


