Au Québec, le discours sur l’immigration se durcit. Dans les discours politiques comme dans l’espace public, elle est constamment présentée comme une menace pour l’identité culturelle et comme la source des pressions sur le logement et les services publics. Ces raccourcis placent l’immigration comme responsable de nombreux maux. Et derrière les chiffres avancés, se cachent des trajectoires humaines bien souvent marquées par la contrainte et non par le choix.
Plusieurs sondages montrent qu’une partie considérable de la population québécoise estime que les seuils d’immigration sont trop élevés. Ce climat de méfiance n’est pas anodin et s’inscrit dans un contexte de crise du logement et de saturation de certains services publics qui nourrit et consolide les amalgames. Le lien direct entre immigration et hausse de la criminalité n’a jamais été démontré par les données et ce mythe est entretenu par l’extrême droite, qui n’hésite pas à instrumentaliser l’immigration pour répandre ses idées et gagner en popularité.
Il faut aussi déconstruire la croyance selon laquelle la population immigrante « vole » les emplois des natifs. En réalité, elle occupe bien souvent des postes délaissés dans des secteurs en pénurie de main-d’œuvre. De plus, établir une hiérarchie entre migrants et prétendre que certains et certaines sont plus méritants que d’autres revient à dire que les êtres humains n’ont pas tous la même valeur et à bafouer leur protection internationale et leurs droits fondamentaux – bien qu’on ne puisse pas « accueillir toute la misère du monde ».
Les bienfaits de l’immigration sont multiples et indéniables : elle dynamise et maintient l’économie en apportant de nouvelles ressources et perspectives d’innovation. Statistique Canada révèle que la population immigrante contribue à tous les secteurs de l’économie et qu’elle travaille à 34 % dans les services professionnels, scientifiques et techniques. L’immigration est également un moteur démographique non négligeable dans un contexte de vieillissement de la population. L’Institut national de santé publique du Québec tire d’ailleurs la sonnette d’alarme : d’ici une vingtaine d’années, la société québécoise sera l’une des plus vieilles en Occident.
Évidemment, l’arrivée des immigrants doit être encadrée et organisée. La capacité d’accueil, ou encore les politiques d’intégration, sont des défis réels qui doivent être pris en compte pour favoriser la cohésion sociale et accueillir au mieux les nouveaux arrivants. Mais réduire l’immigration à une menace et la présenter comme la source de toutes les crises que la société québécoise traverse constitue une vision erronée de la réalité, qu’il faut rectifier.
L’immigration est souvent perçue comme une menace ou un problème à résoudre, mais au contraire, c’est une richesse à valoriser. Ces flux peuvent constituer de véritables atouts pour le Québec du point de vue économique, démographique, mais aussi humain. L’immigration est un puits de culture qui apporte langues, traditions, mœurs et visions alternatives du monde qui enrichissent la société quotidiennement. Cette diversité est un cadeau qui contribue à forger l’identité québécoise en la rendant plus vivante, ouverte et unie dans la diversité.
Sources :
https://www.lesoleil.com/2019/09/01/sixmythes-sur-limmigration-1326eed7eb8e1c82 b9a1a081a4ca45ab/

