À 65 ans, je pensais avoir encore de belles années devant moi au travail. J’ai de l’expérience, je connais mon métier sur le bout des doigts et je me sens encore pleine d’énergie. Mais depuis l’arrivée de notre nouveau gestionnaire, l’atmosphère au bureau a changé. Il faut dire que l’entreprise a récemment vécu une importante vague de départs à la retraite, ce qui a entraîné l’embauche de plusieurs jeunes employés. Je me retrouve maintenant parmi les plus âgés de l’équipe.
Notre nouveau gestionnaire est fraîchement sorti de la maîtrise en gestion, plein d’ambition et de nouvelles idées. Dès notre première rencontre, j’ai senti qu’il me percevait différemment des autres employés et employées. Il a commencé à faire des petites remarques qui sous-entendaient que j’avais peut-être de la difficulté avec les nouvelles technologies ou qu’il fallait que je fasse attention à ma santé. Ces commentaires me mettaient mal à l’aise, mais je me disais qu’il était juste attentionné.
Lors des réunions, on me demandait moins mon avis. Quand je proposais des idées, j’entendais souvent qu’il fallait voir les choses différemment maintenant avec une approche plus moderne. Comme si mon âge m’empêchait automatiquement de comprendre le monde d’aujourd’hui.
C’est alors que la responsable des ressources humaines m’a convoquée pour me parler de « transition de carrière » et des « avantages de la retraite anticipée ». Elle n’a pas dit les mots exacts, mais le message était clair : ils voulaient que je parte. Je ne me sens pas prête à arrêter et je n’ai pas envie d’être poussée vers la sortie.
J’ai remarqué que je dors moins bien depuis quelques mois et je doute constamment de mes compétences, me demandant si je suis vraiment devenue incompétente du jour au lendemain. Même mes collègues de plusieurs années ont changé d’attitude envers moi, comme si j’étais devenue subitement fragile ou dépassée. C’est épuisant de devoir prouver constamment qu’on est encore capable.
Ce qui me frustre le plus, c’est qu’on se base sur mon âge pour me juger plutôt que sur mes compétences. J’ai l’impression qu’on présume que je suis dépassée, fatiguée, réticente au changement. Mais c’est loin d’être le cas! J’ai encore plein de projets, d’idées, d’énergie à donner. Et contrairement aux préjugés, je m’adapte très bien aux nouvelles technologies. J’ai peut-être pris un peu plus de temps à maîtriser le dernier logiciel, mais maintenant je l’utilise aussi bien que n’importe qui.
Heureusement, j’ai découvert qu’il existait des ressources pour m’aider. J’ai contacté une intervenante de DIRA-Estrie. Elle m’a écoutée sans jugement et m’a aidée à comprendre que ce que je vivais au travail, c’était de l’âgisme. L’équipe m’a donné les outils pour faire face à cette situation. Elle m’a aussi rassurée en me confirmant que ce que je vivais n’était pas acceptable et que j’avais le droit de le dénoncer. Maintenant, je me sens moins seule face à ce problème. J’ai même réussi à parler à mon gestionnaire de la problématique que je vivais et tranquillement les choses se placent.
Vous vivez ou croyez vivre une situation de maltraitance?
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