Migrer implique bien plus qu’un simple changement de pays : c’est quitter sa famille, ses amis, sa langue, ses coutumes et son sentiment d’appartenance. Pour de nombreuses personnes immigrantes, cette expérience peut profondément transformer la vie, mais aussi affecter la santé mentale.Selon la psychologue Mónica Alarcón M., « les immigrants arrivent avec beaucoup de force, d’espoir et le désir de construire un avenir meilleur, mais avec le temps, cette énergie initiale peut être affectée par le deuil migratoire, l’adaptation culturelle et le sentiment de perte ».
Le poids émotionnel du départ
La nostalgie, la solitude et la peur de l’échec sont fréquentes chez ceux et celles qui commencent une nouvelle vie dans un pays étranger. « Le changement n’est pas seulement géographique : il est émotionnel. On perd la connexion avec l’endroit où s’est formée sa propre identité », explique Alarcón.Les problèmes les plus fréquents sont l’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil et, dans les cas extrêmes, le stress posttraumatique, notamment chez les réfugiés ou les migrants ayant vécu la violence ou le déplacement.« L’anxiété survient à cause de l’incertitude sur l’avenir et des difficultés d’intégration; la dépression est liée à la solitude et à la déconnexion; et les deuils migratoires non résolus sont plus fréquents qu’on ne le pense », précise la psychologue.Stratégies pour préserver la santé mentale
Prendre soin de sa santé mentale n’est pas un luxe, c’est une nécessité. La psychologue propose plusieurs recommandations pratiques :- Créer des réseaux de soutien, même petits, comme un ami, un groupe communautaire ou une activité locale.
- Maintenir un lien avec ses racines, à travers la musique, la cuisine ou la langue maternelle.
- Se donner du temps pour s’adapter, en comprenant que migrer est un processus, pas un objectif immédiat. • Chercher une aide professionnelle dans les services locaux de santé, comme les CLSC ou les CIUSSS, où des psychologues et travailleurs sociaux sont disponibles.
Comment identifier la dépression
Alarcón avertit que la dépression ne se manifeste pas toujours par la tristesse. Chez les personnes immigrantes, elle peut apparaître comme de l’épuisement, un manque de motivation, des difficultés de concentration ou un sentiment de vide. Les signes importants incluent :- Perte d’intérêt pour des activités auparavant appréciées.
- Modifications du sommeil ou de l’appétit.
- Sentiment de culpabilité, d’inutilité ou de désespoir.
- Pensées négatives récurrentes sur l’avenir.
- Pleurer fréquemment ou sentir qu’on ne peut pas gérer sa journée.
Conseils pour celles et ceux qui font face à la dépression
- Ne pas se sentir seul ou honteux : la dépression n’est pas un échec personnel.
- Accepter l’aide professionnelle : thérapie, groupes de soutien et, si nécessaire, traitements médicaux.
- Se permettre de ressentir : pleurer, parler, écrire ou partager sont des moyens de libérer la douleur.
- Rester connecté à la vie : sortir marcher, profiter de la nature ou socialiser.

